Secqueville en Bessin

Historique

Epoque Gallo-Romaine

Nous retrouvons des vestiges de l’époque gallo-romaine : un cimetière gallo-romain a été mis à jour lors du chantier pour l’accès à la R.N. 13. Certains chemins qui sillonnent Secqueville datent de cette époque, on peut les identifier grâce aux bornes gallo-romaines. Des tuiles et des pièces de monnaie ont été également découvertes près de la Fontaine St Sulpice. Secqueville se trouvait alors sur un axe de passage naturel entre Vieux la Romaine, Bayeux et le port de Courseulles.

Le village ne détient pas exactement le même nom alors. Ainsi il s’est appelé «Siccavilla» que l’on peut traduire actuellement comme domaine ou hameau aride. On peut s’interroger sur cette appellation : en effet le village actuel est traversé par la rivière Thue, et au moins une source était connue à l’époque (sous l’actuel autel de l’église). Il s’agit probablement d’une appellation portée à un lieu-dit, une maison particulière qui par extension a donné son nom au village entier lorsque celui-ci s’est développé.

Fin du IIIème siècle à la moitié du XVIIIème siècle

La Basse-Neustrie se christianise : traces d’une église ? chapelle ? sous l’église actuelle. Puis, les invasions saxonnes interviennent à partir de 406 à Bayeux. A partir du VIIIème, les invasions vikings vont donner leur nom à la Normandie. Suite au Traité de St Clair sur Epte en 911, le Bessin passe aux mains du Duché de Normandie tenu par les Vikings en 924. Les églises sont reconstruites y compris à Secqueville.

1066 : Guillaume, Duc de Normandie, conquiert l’Angleterre lors de la bataille d’Hastings.

1105 : guerre de succession entre les fils de Guillaume : Robert Courteheuse, Duc de Normandie, et Richard Ier Beauclerc, Roi d’Angleterre. Pendant le siège de Bayeux, Robert Fitz Hamon, Baron de Creully, partisan de Henri I, est assiégé par les soldats du Duc de Normandie et il se réfugie dans la tour de l’église de Secqueville. Les soldats l’amènent à la reddition en incendiant la tour.

1204 : la Normandie est intégrée au domaine royal de France sous Philippe-Auguste. Il y aura une période d’expansion dont profitera Secqueville (accroissement de la population, construction de nombreux moulins).

La guerre de Cent Ans (XIVème-XVème siècles) met un coup d’arrêt à ce développement économique et démographique.

La Renaissance (première moitié du XVIème siècle) permet de se relever de ses ruines économiques et démographiques. Le village semble avoir acquis une certaine prospérité. En effet les fermes manoirs attestent de la présence de riches paysans et de familles de petite noblesse. Ainsi on peut citer le manoir de Cacharat, la ferme de la Dîme et même d’un château qui est aujourd’hui en ruine.

Cette prospérité est vite mise à l’épreuve par les guerres de religion qui ont trouvé leur écho dans le Bessin où il y a une forte implantation protestante. En 1685, la révocation de l’Edit de Nantes par Louis XIV provoque la fuite de 92% des protestants, avec toutes leurs richesses et leurs savoirs-faire.

L’agriculture reste importante : essentiellement tournée vers la production laitière dans le Bessin, et la production céréalière dans la plaine de Caen. Secqueville est à la croisée des deux.

Epoque moderne

Ni la révolution française de 1789, ni les événements du XIXème siècle ne semblent  avoir eu prise sur le village. La noblesse est toujours présente et l’église prospère.

C’est surtout lors de la 2ème Guerre Mondiale et lors du débarquement que le village sera éprouvé. L’église est en partie détruite et les réfugiés affluent dans le village. Secqueville, suite à sa libération, est devenue une zone arrière, un refuge, pour les soldats en combat sur Caen. C’est ainsi qu’un hôpital de campagne est installé aux abords du village. Suite aux nombreux combats dévastateurs, les soldats seront enterrés dans les cimetières militaires d’après guerre. A Secqueville, 18 soldats Allemands et 98 soldats Britanniques (1 soldat est non identifié) sont enterrés.

Les sites remarquables

L’église Saint-Sulpice

Il est étonnant de trouver une église aussi grande dans un si petit village. En effet, l’église St Sulpice a été édifiée sous le parrainage des abbés de Caen. Cette église de proportion importante est édifiée en pierre de Caen (provenant des nombreuses carrières des alentours).

Elle impressionne par ses belles proportions : la nef est romane et les murs et les écoinçons sont parés en décor de faible relief en tapis continu, de chevrons, d’étoiles en creux et de triangles.

A l’extérieur, de nombreux modillons représentant la vie des campagnes animent les façades sud et nord.

Cette église est régulièrement modifiée aux cours des siècles :

  • 11ème siècle : acquisition de l’église par l’abbaye de Caen 18 livres, 8 sous en monnaie du Mans, 1 marc d’argent, 3 setier et 3 mines de froment et 1 jambon ;
  • 11ème : construction de l’église romane ;
  • 1105 : incendie de la tour-lanterne et du clocher ;
  • 12ème siècle : restauration du transept et de la tour de croisée après l’incendie ;
  • 13ème siècle : dernière modification de l’architecture du clocheton qui lui donne son apparence actuelle ;
  • 15ème siècle : modification du chevet (chevet plat) et du chœur ;
  • 17ème siècle : modification architecturale du chœur en pastiche d’art roman ;
  • 18ème siècle : modification de la chaire en pierre ;
  • 1840 : inscrite au premier livre Mérimée des Monuments Historiques ;
  • Juin 1944 : Débarquement de l’armée canadienne sur Juno Beach. Secqueville fut un des théâtres de la bataille pour Caen. La flèche du clocher reçut une bombe au travers, ainsi que le toit de la nef.

La fontaine St Sulpice

La fontaine St Sulpice a donné son nom à l’église. La fontaine tire son nom d’un évêque de Bayeux du IXème siècle, massacré par les normands à Livry. Cette fontaine, dont la source se situe sous l’autel de l’église, était reconnue comme miraculeuse : l’eau était censée guérir les affections des yeux et la maladie de la croûte de lait.

Les fermes Manoirs ou ferme seigneuriale

Les fermes manoirs, un des symboles des villages du Bessin nous sont restitués dans leur style unique. On ne dénombre pas moins d’une dizaine de fermes-manoirs dans le village. Elles possèdent toutes les mêmes caractéristiques : une cour entourée des bâtiments nécessaires au fonctionnement de la ferme, un logis pour les habitants, le tout formant un ensemble fermé et défensif. Ces fermes ont été construites par de riches fermiers ou de petite noblesse entre le 16ème et le 17ème siècle.

Ainsi, le manoir de Cacharat est un manoir typique du 17ème siècle, construit par une famille paysanne riche et protestante (comme l’attestent les tombes à l’intérieur du domaine). Bien que simple ferme-manoir, les bâtiments sont imposants mais richement décorés et harmonieux.

Le portail triple du 17ème siècle majestueux est constitué de deux portes piétonnes dont l’une est obstruée dès sa construction. La porte du milieu est l’entrée principale. Toutes les portes sont surmontées d’imposants frontons semi-circulaires.

Le Cimetière Britannique

C’est un des plus petits cimetières militaires britanniques. Il a été construit à l’emplacement de l’hôpital militaire de campagne. Il réunit 18 soldats allemands, 98 soldats britanniques. A l’origine, il y avait des soldats canadiens qui ont été transférés au cimetière militaire canadien à Reviers.

Personnalité liée à la commune

Philippe Paris (1814-1874)  homme politique et député du Calvados, né à Secqueville le 31 mars 1814.

Informations complémentaires

Pour de plus amples informations, vous pouvez aller sur l’espace internet de l’association PATRIMOINE de Secqueville en Bessin. Cette association a pour objectif le développement de notre connaissance de ce patrimoine, ainsi que le partage de cette connaissance, en particulier lors des Journées du Patrimoine.

Lien internet :

https://drive.google.com/drive/folders/0ByhbMB_V_3hRRlZSQmVIYTBiV0U

Adresse courriel : asspatrimoinesecquevillebessin@gmail.com

Association PATRIMOINE SECQUEVILLE EN BESSIN – 29, Rue de la Dime – Secqueville en Bessin – 14740 ROTS – Tél. 02 31 73 34 01 / 06 82 10 41 27