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La sculpture comme vecteur de réinsertion

Thémis Kouvatas, plasticien et sculpteur, nous ouvre son atelier et confie son projet de réinsertion par la sculpture en lien avec les municipalités et les associations.

Trois questions à…

Thémis Kouvatas, plasticien sculpteur.

Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Je suis diplômé de l’École des Beaux-arts et d’archéologie, et j’enseigne depuis de nombreuses années la sculpture et le dessin à l’école des Beaux-arts de Caen, ainsi que l’histoire des arts à l’université et à l’Institut universitaire de technologie (IUT). J’ai fait de nombreuses expositions de mes travaux personnels et participé à la réfection de monuments historiques comme Notre-Dame de Paris, la cathédrale d’Amiens et le Pont-Neuf.

Comment fonctionne votre atelier ?

L’atelier, situé à Rots, est ouvert le lundi et le jeudi après-midi, de 14 h à 18 h 30, et accueille une dizaine de sculpteurs amateurs que j’ai choisis. Ils ont la volonté de travailler en groupe, sont ouverts socialement et sensibles à la connaissance de l’art contemporain. Les personnes viennent en fonction de leur temps et de leur envie, ce n’est pas un engagement au trimestre ou à l’année. Ils viennent réaliser leurs projets et je suis là pour les conseiller sur les techniques et sur l’esthétique de leur réalisation. Nous travaillons sur des matériaux variés, comme le bois, la pierre de Caen, le marbre, l’argile et le plâtre. Nous pratiquons aussi les techniques de moulage. Je fournis les matériaux et les outils, mais ils ont aussi la possibilité de venir avec les leurs.

Quels sont les projets à court et moyen terme ?

Depuis trois ans, j’organise un stage de sculpture dans le nord de la Grèce en bord de mer. Cette année, il se déroulere du 5 au 23 juillet. Un petit groupe est constitué et va pouvoir peindre ou sculpter dans cet endroit chargé d’histoire, sur des matériaux de la région comme le marbre de Paros et de Thassos, des marbres très blancs. Tous les deux ans, nous faisons aussi une exposition des travaux, à la grange aux dîmes, au mois d’octobre. Mais le projet qui me tient à cœur et que je voudrais mettre en place à la rentrée, est une ouverture de la sculpture à une autre population. Je pense que la sculpture est un vecteur de réintégration et de réinsertion que je souhaiterais proposer aux associations ou aux municipalités de Caen-la-Mer, travailler en relation avec les écoles d’apprentissage ou les compagnons du Devoir. Des contacts sont déjà pris, il faut maintenant finaliser ce projet.

Source : journal Ouest-France du 9 juillet 2019.