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La commune commémore les « Boys »

Un des plus petits cimetières de la région, a accueilli, vendredi, les enfants de cinq pays pour une commémoration et retracer l’histoire des soldats inhumés.

Vendredi, Aurore Bruand, maire déléguée de la commune de Secqueville-en-Bessin, a accueilli des délégations des jeunes Américains, Anglais, Canadiens, Allemands et Français, soit une centaine de jeunes participant aux différentes cérémonies, ainsi que quarante familles du 46 Royal Marine Commando (RMC) pour célébrer la Libération de Secqueville, au cimetière militaire anglais. « Les jeunes des différents pays sont accueillis tous les cinq ans pour perpétuer le devoir de mémoire et constituer les branches d’un arbre du souvenir. Je n’ai jamais vu autant de monde dans ce cimetière Britannique. »

Sépultures britanniques et allemandes

Dans ce petit cimetière, cent dix-sept soldats sont enterrés, 98 Britanniques, un inconnu et 18 Allemands, une des caractéristiques de ce cimetière, les sépultures des Anglais et des Allemands se côtoyant respectueusement.

Les Canadiens ont été déplacés dans les cimetières de Bény-sur-Mer et Reviers. La tradition britannique voulait que les morts soient enterrés au plus près du lieu où ils étaient tombés. Or, Secqueville fut libérée le 7 juin 1944 au matin, lors de la simple traversée des Canadiens : il n’y a pas eu de combats, pas de blessés, pas de bataille. Alors pourquoi ce cimetière ? « Secqueville devient rapidement une base arrière pour les combats qui font rage autour : à Putot-en-Bessin, Rots, Carpiquet puis Caen. La pompe à eau, rue des Lavoirs, était un point de ravitaillement pour les camions-citernes et les longues files d’attente encombraient les rues. Le village était sur le tracé entre Arromanches et Caen, et les chars venaient se ravitailler à la station essence construite de toutes pièces dans l’herbage de Guerville, juste derrière le cimetière. Les caisses d’obus et de munitions étaient alignées dans les champs, en plein air, a rappelé Aurore Bruand. C’est le long des murs que l’on voit derrière nous, que fut construit un hôpital de campagne qui soignait sans distinction de patrie ou de religion, militaires anglais, canadiens, allemands et même les civils français, car seul a compté l’élan de fraternité, l’envie de bâtir un aprèsguerre. C’est ce même élan qui a amené les peuples à créer l’Europe. Ceci explique la présence du cimetière à cet endroit de la plaine. »

Un hommage a été rendu aux « Boys » : dépôt de gerbes, hymnes et minute de silence, suivis d’une célébration œcuménique à l’église Saint-Sulpice, avec le révérend Tim Horsington et le père Michel Lescroart.

Source : journal Ouest-France du 10 juin 2019.