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Jean-François Vermès dans son champ de compétences

Source : journal Ouest-France du 20/06/2020

Issu d’une famille d’exploitants depuis trois
générations, Jean-François Vermès cultive 160 hectares de terre
dans la plaine de Caen. Il a fait de son héritage une passion.
La ferme implantée en plein bourg de Lasson, sur les terres fertiles du
nord de Caen, est l’une de ces jolies bâtisses en pierre de la région. On
l’imagine désaffectée ou reconvertie en résidence. Mais le propriétaire
troque sa veste de cuir pour la combinaison agricole et fait le tour de ses
parcelles : 160 hectares regroupés autour de la ferme, à portée de
bicyclette.
Jean-François Vermès, 54 ans, a repris l’exploitation familiale. Son
grand-père est venu des Flandres, après la Grande Guerre, chercher la
bonne terre. À la génération suivante, quatre fils s’installent comme
agriculteurs, dont le père de Jean-François. Son destin est tracé. Un bac
D’ (sciences agronomiques) au lycée agricole, cinq ans d’école
d’ingénieurs à Beauvais (Oise), une parenthèse en coopération au
Nicaragua pour étudier le haricot rouge et le voilà revenu sur ses terres, d’abord associé à son père. Celui-ci cultivait des céréales et des pommes
de terre. Le fils introduit les cultures irriguées après avoir obtenu
l’autorisation de forer en 1990.


Des fleurs pour les abeilles


Aujourd’hui, les céréales représentent plus de la moitié de la surface cultivée, pour un quart du chiffre d’affaires.
Sur les autres parcelles poussent du lin, des oignons, du céleri, des féveroles. Il y a aussi quelques champs en herbage et, dans les extrémités non cultivées, des fleurs pour les abeilles.

Jean-François emploie deux salariés, dont un à mi-temps, pour les
labours et les récoltes. La moisson est externalisée. Lui se charge des
commandes de matériel et de semences, des prévisions d’assolement « jusqu’à dix ans à l’avance, un vrai casse-tête ! », des semis, des
traitements, de l’irrigation, du stockage. Il vend l’essentiel de sa production
à Agrial, dont il est coopérateur. C’est la garantie d’écouler sa production.
« Je suis plus technicien que commercial, justifie-t-il. Ce qui m’intéresse,
c’est de rechercher une belle qualité de production. »


De mars à décembre, il n’a que peu de répit. Il faut zoner les parcelles
pour adapter les engrais et les doses de produits phytosanitaires, limiter
les intrants, régler au millilitre près l’irrigation. Après les semis de
printemps viennent la moisson et les récoltes d’automne. Les vacances
attendront l’hiver. Cela fait longtemps que Jean-François n’est pas parti.
Ça le contrarie. Comme le fait que la nouvelle génération n’ait plus la
vocation. Lui, c’était sa destinée avant de devenir sa passion. Mais il
s’inquiète de l’avenir. « Je n’ai jamais cherché à grossir. Je ne veux pas que
mes terres deviennent des terrains à bâtir ou l’extension d’une autre ferme.
»

Marylène CARRE