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Alma mater , l’art s’enracine à la ferme de Billy

Anne Mourier, artiste normande installée à New York, revient à Rots. Elle y présente une installation pérenne. Toujours en lien avec son travail sur le thème de la mère nourricière.

Rencontre

Au détour d’un chemin, les randonneurs qui passeront à Rots, près de la ferme de Billy, tomberont nez à nez avec une œuvre d’art sur le mur d’une grange. Guillaume Vauvrecy, qui anime avec sa compagne Anne ce lieu atypique, mixe produits du terroir (notamment cidre et jus de pomme) et amour de l’art contemporain. Il a laissé carte blanche à Anne Mourier pour imaginer une installation pérenne. « Peut-être le premier jalon d’un projet plus ample, comprenant un parcours artistique et des échanges entre la ferme de Billy et New York… »

Car c’est dans la Grosse pomme, où Guillaume a vécu voici quelques années et y a puisé des idées, que vit Anne Mourier. Anthropologue de formation, cette Rouennaise a suivi son mari à New York, où elle dispose désormais d’un espace à The invisible dog, lieu dédié à l’art conceptuel au cœur de Brooklyn. S’inspirant de sa formation initiale, mais aussi de sa propre histoire et de celle de sa mère, « qui demeure toujours à Bayeux où elle est née », Anne Mourier a développé un travail particulier. Des installations à base de ready-made, toujours en lien avec la féminité. L’an dernier, elle avait investi la chapelle de la ferme de Billy avec ses Maries , réflexion sur tous les archétypes qui pèsent sur les femmes. De retour aux États-Unis, tous les éléments de cette installation ont été acquis par des collectionneurs.

« Pour cette nouvelle expérience en Normandie, explique-t-elle, je me suis, entre autres, inspirée du mythe de Déméter, la déesse de la nature, et de sa fille, Perséphone, retenue dans les enfers. Zeus a accepté que la jeune fille en revienne tous les six mois. Ainsi, la nature est tantôt en liesse, tantôt triste… c’est la légende des saisons ! »

L’artiste a imaginé un maillage sur le mur du bâtiment qui fait face à la chapelle. « Il a fallu d’abord le décaper à la brosse à dents ! » Puis, elle a sélectionné des branches de lierre qui courent sur la façade, mais coupées à leur racine, qu’elle a peintes en rouge. « Veines transportant le sang, cordons ombilicaux, corail… C’est une élévation et un questionnement foisonnant ! Comme un hommage à la déesse mère… Ou mer, où est née la vie !

Nathalie LECORNU-BAERT.

Samedi  3 juin, 18 h, vernissage de l’installation. Anne Mourier présentera également son livre, Marie, qui prolonge l’exposition de l’an dernier, en lien avec la biographie de sa mère (mis à 40 € sur le site annemourier.com)

Source:  journal Ouest-France du 2 juin 2017.